

Mon sac sur le dos, aujourd’hui je pars découvrir l’exposition de Baudouin Oosterlynck au Musée des Beaux-Arts de Tournai, une première pour moi. La ville aux 5 clochers regorge de cultures sensationnelles et vivantes à absolument découvrir. Mais aujourd’hui c’est le musée des Beaux-Arts qui nous intéresse. Construit en 1928 par Victor Horta, il impressionne les passants avec sa façade austère et ses deux grandes ouvertures aux côtés de colonnes et statues qui nous rappellent la Grèce Antique. C’est avec hâte que je me hisse à l’intérieur avec les yeux grand ouverts. L’entrée est majestueuse et nous donne envie d’en savoir plus. Avant de rejoindre l’exposition je fais le tour des lieux avec mes yeux. Une grande pièce lumineuse et haute relie d’autres salles plus petites et rondes. L’architecture me fait penser à une torture. Les salles communiquent donc entre elles via la grande salle. Je lève le regard et mon imagination fuse, le toit me fait penser à une serre botanique. J’y verrais bien toutes sortes de plantes, de verts, de couleurs…
Un artiste qui casse les codes

Baudouin Oosterlynck. Artiste du son, à la fois plasticien avec ses sculptures sonores, joue entre le son et la vue. Il crée des installations sonores dans lesquelles les visiteurs peuvent se déplacer et interagir. Ces installations sont souvent composées d’objets du quotidien, tels que des tuyaux, des cloches ou des ballons pour reproduire des sons. De quoi en prendre plein la vue et les oreilles. Braver l’interdiction de toucher en manipulent les objets de l’exposition. Baudouin nous donne ce droit que nous rêvons tous de faire depuis petit(e)s. Chacun des objets est disposé dans des salles bien spécifiques pour créer l’ambiance sonore particulière attendue par le public.
Une exposition où on interroge le toucher et le sonore
Dans « Entre l’œil et l’oreille », les visiteurs sont conviés à explorer le silencieux, dans lequel des sons apparaissent au fur et à mesure qu’ils avancent. Vous devez écouter attentivement, en portant une attention particulière aux nuances de chaque son et à la manière dont ils se complètent pour créer une ambiance sonore incroyable. Le titre de l’exposition fait référence à la façon dont les sons sont liés à l’espace et comment ils sont perçus par les visiteurs. En se déplaçant, le public explorer la relation entre les sons et l’environnement dans lesquels ils se trouvent, ainsi que la manière dont cette relation peut être modifiée par la disposition des objets. Cette sensation est tout à fait surprenante, on se sent comme transporté dans différents environnements.

« J’ai joué de la musique sans que cela n’embête personne ! »
Sur le chemin de ma visite, je me retrouve à discuter avec une visiteuse. Elle n’habite pas la région et a profité d’un jour de congé pour venir voir l’exposition de Baudouin. Une exposition qui lui a permis de jouer et profiter d’instruments, d’explorer une autre facette de la musique « Je joue de la musique dans mes temps libres et j’attache énormément d’importance aux sons, aux vibrations, aux sensations. J’ai souvent des plaintes de ma famille parce que je joue trop fort, je déconcentre les autres. Aujourd’hui j’ai joué de la musique sans que cela n’embête personne. » Cette visiteuse est dans le vrai, Monsieur Oosterlynck permet à quiconque de s’essayer à la musique. Que cela soit faux ou trop fort, personne ne viendra frapper à votre porte pour vous demander de baisser le volume.
« Ce qu’on écoute entre les sons, ce sont les silences qui servent à entendre les pensées » Frédérique Deghelt

Un environnement aux multiples sensations
Baudouin a voulu jouer sur le côté immersif de son exposition en développant tous les sens du public. En plus d’écouter les sons, vous pouvez toucher les objets, les manipuler, ressentir les vibrations des basses fréquences, mais aussi vous imprégner de l’odeur de l’espace. Cette expérience multisensorielle m’a hypnotisée dans les différentes salles d’expositions du musée. Je voulais en savoir encore plus, en découvrir encore plus. Elle est inoubliable pour moi et ne manquera pas de fasciner les amateurs du son et de l’art.
L’œuvre qui a touché mon cœur
La caisse à son, une grande boîte majestueuse couverte de stickers, de mots qui nous font voyager à travers différents pays. Suède, Angleterre, France, États-Unis, il n’y a pas qu’à travers ces collants que l’instrument nous divertit. Cette boîte appartient à Susanna Mildonian, grande harpiste belge. Même si la harpe n’est pas dans la caisse, Baudouin nous permet de jouer de cet instrument à travers une technique ingénieuse. Un fil traverse le coffre des deux côtés maintenus à des télescopes. La personne en face de vous n’aura qu’a faire vibrer ses doigts sur le fil et vous y entendrez une belle mélodie. De quoi vous transporter dans tous ces pays incroyables et dans l’histoire de la harpiste.


Mon sac à dos sur mon dos je quitte le musée des Beaux-Arts des étoiles pleins les yeux. C’est décidé, je pars sillonner cette ville que je connais peu et qui semble appartenir à une culture généreuse. J’aurais peut-être l’occasion de rencontrer d’autres œuvres à vous faire découvrir, qui sait ?
Vous souhaitez découvrir les multiples expositions et activités du musée des Beaux-Arts de Tournai ? Vous retrouverez plus d’informations sur les horaires et tarifs sur le site web https://mba.tournai.be/



Photo de couverture prise sur ©Pexels

