Olivier Delmotte, quadragénaire passionné de bières régionales, résidant à Couvin, est un fin connaisseur brassicole. Depuis des années, il explore avec enthousiasme les différentes saveurs et arômes que proposent les brasseurs locaux. Sa quête perpétuelle de nouvelles découvertes lui permet de partager son savoir et sa passion pour les bières artisanales. Il nous parle de ces bonnes bières que l’on aime déguster en terrasse ou entre amis. Une passion qui a du goût.
Olivier Delmotte, comment as-tu commencé à t’intéresser aux bières régionales ?
« Au départ, j’ai commencé à aimer les bières régionales parce qu’elles étaient plus fortes, c’était un peu le challenge, mais c’est surtout pour le goût qui est bien différent. »
Combien de bières régionales estimes-tu avoir bues ou découvertes ?
C’est impossible à dire. En une soirée, j’ai déjà bu presque quinze Rochefort alors crois moi que c’est impossible. Après, dans notre région, je dirais que j’ai dû en découvrir trente. »
Si tu devais m’établir un top 3 ?
« Cela devient compliqué parce que pour moi il y a quatre bières régionales dont je ne pourrai jamais me lasser. Trappistes de Chimay, ce sont les meilleures, j’ai déjà fait le tour de plein de bières, mais je finis toujours par revenir à la maison, c’est-à-dire à la Chimay. Après, mon top un, c’est la Trappiste Westvleteren, mon top 2 est la Trappiste Westmalle Dubbel, elle est Anversoise, je l’adore, on dirait un caramel. Et mon top 3 reste quand même l’Orval, à boire en grande quantité cette bière reste ma préférée. C’est une super bonne bière, cependant, elle est produite en limiter. Il est difficile de s’en procurer beaucoup. Elle est donc plus dure à trouver comme la Trappiste Westvleteren. Après, au bout du compte, tant que c’est une trappiste ça passe au-dessus. »
Peux-tu me conseiller une bière que tu as découverte il y a peu et qu’il faut absolument goûter ?
« J’ai eu cette bière dans un panier garni pour mon anniversaire et je ne l’avais jamais goûté, c’est la Saint Hubertus. C’est une triple, elle est à 7,2 %, je trouve que la bouteille est vraiment belle et elle sort de l’ordinaire. L’amertume de la bière est chouette, je préfère les bières amères et celle-là est géniale. »
Dans notre région on ne parle que de la Chimay, cependant il y a bien d’autres bières aussi bonnes, est-ce que nos bières chimaciennes méritent leur succès d’après toi ?
« Je peux goûter tout, je reviens toujours à une trappiste bleue ou rouge, elles méritent vraiment leur succès. La Chimay rouge et la Chimay bleue sont les premières bières commercialisées de Chimay. La doré et la verte sont arrivées bien après, la doré est plus une bière agréable, légère et qui a un goût de céréale plus intense que les autres. Ce n’est pas surcôté, il y a de super bières, mais pour moi cela reste les Trappistes Chimay en numéro un. Au niveau du goût, il n’y a pas photo, cela peut être les meilleures bières au monde. »
Si tu devais me décrire en un mot ce que te procure le fait de boire une bonne bière, quel serait ce mot ?
« Je vais dire trois mots, car un seul ne peut pas exprimer cette sensation ; rafraîchissante, pleine de goûts et à partager. Surtout, « à partager », car une bière est moins bonne lorsqu’elle est bue seule. »
Selon toi, qu’est-ce qui fait qu’une bière est meilleure qu’une autre ? Dans sa composition par exemple.
« Malgré le taux d’alcool, c’est qu’elle reste digeste. Qu’on ne soit pas malade avec à moins d’en boire de trop bien sûr. Le goût aussi, après, c’est en fonction de chacun. »
Toi qui es amateur, n’as-tu jamais eu l’envie de créer ta propre bière ?
« J’ai déjà eu des kits, j’en ai fait, mais cela ne m’attire pas non. Je n’ai pas vraiment l’envie de faire ça, je préfère les déguster. »
Certaines personnes gardent les capsules des bières qu’ils ont bues, est-ce que tu fais quelque chose dans ce genre-là aussi ?

« Oui, j’ai reçu cette carte de la Belgique en cadeau et au bout du compte toutes les capsules que j’ai mises ne correspondent pas aux régions, j’ai juste rempli pour dire de remplir. Mais peut-être qu’un jour, j’aurais l’envie de trier et de mettre aux bons endroits. On peut voir les Chimay, la Fagne triple, l’Orval, les trois Trappistes Westvleteren, des pils, des sans alcools, des India Pale Ale et encore bien d’autres. J’ai découvert plus de nouvelles bières en Hollande qu’ici, après est-ce que c’est peut-être parce que j’y fais plus attention. On est le pays de la bière, on a beaucoup de brasserie, mais beaucoup d’autres pays ont des micro-brasseries. Cependant, cela commence à arriver par chez nous aussi, comme dans la restauration quand il propose « la bière de la semaine, la bière du mois », et où on voit la cuve de fabrication dans le fond du café, un peu à la Super des Fagnes finalement. »
Donne-moi une bonne raison pour boire une bière régionale ?
« Après une bonne journée de travail, un barbecue entre amis ou en famille, une visite qui n’est pas prévue à la maison. J’aurais plus tendance à ouvrir une bière qu’une bouteille de champagne. Le champagne, c’est plus « tête à tête » ou pour fêter vraiment quelque chose d’important comme un diplôme, une réussite, un nouveau-né. Une visite où tu es vraiment heureux, c’est la bière qui prime, elle rassemble d’une autre manière. Le bruit quand tu l’ouvres, la mousse, c’est synonyme de gaieté. »
Article écrit par Lauranne Verfaillie.
Photo de couverture prise sur ©Pexels

